Flag

An official website of the United States government

De quoi éclaircir l’avenir des agriculteurs d’Afrique
Farmer works in a field

Farmer works in a field

14 Lecture rapide
juillet 18, 2023

C’est désormais une évidence : les conditions météorologiques sont de plus en plus capricieuses partout dans le monde. Mais en Afrique, où 282 millions de personnes ne mangent pas à leur faim, d’après les estimations des Nations unies, l’aggravation des inondations et des sécheresses risque de compliquer une situation déjà désastreuse.

Dans le cadre de l’initiative « Vision for Adapted Crops and Soils » (VACS), les États-Unis, l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) planchent avec le secteur privé et des instituts de recherche sur les moyens d’adapter les cultures au changement climatique de façon à garantir la stabilité de l’approvisionnement alimentaire en Afrique.

« L’agriculture est confrontée à une conjugaison de problèmes sans précédent dans l’histoire », a résumé Cary Fowler, envoyé spécial des États-Unis pour la sécurité alimentaire mondiale, lors du Sommet de la mission d’innovation agricole pour le climat qui s’est tenu le 9 mai à Washington.

Pour relever ces défis, il faut des sols fertiles et des cultures résistantes adaptées au changement climatique, a-t-il ajouté.

Afin d’encourager les investissements dans les cultures africaines traditionnelles de grande qualité nutritive, l’initiative VACS, lancée le 1er février, va :

  • recenser les cultures les plus importantes et les plus nutritives dans chacune des cinq sous-régions de l’Union africaine ;
  • évaluer les impacts nutritionnels et socio-économiques du changement climatique sur ces cultures ;
  • mobiliser des ressources publiques et privées pour l’adaptation de ces cultures par le biais de la sélection végétale et d’autres investissements.
  • collecter, cartographier et analyser les données relatives aux sols afin de déterminer la manière d’améliorer la qualité des sols et d’augmenter les rendements des cultures.

Les conflits, notamment la guerre de la Russie contre l’Ukraine, ont entraîné la hausse des prix du blé dans les pays africains, comme en Égypte, où l’on voit sur cette photo prise en mai 2022 un vendeur qui livre du pain, au Caire. (© Roger Anis/Getty Images)

Les conflits, notamment la guerre de la Russie contre l’Ukraine, ont entraîné la hausse des prix du blé dans les pays africains, comme en Égypte, où l’on voit sur cette photo prise en mai 2022 un vendeur qui livre du pain, au Caire. (© Roger Anis/Getty Images)

Réduire la faim

Les États-Unis prennent de nombreuses mesures pour faire face à la crise alimentaire mondiale provoquée par des conditions météorologiques extrêmes et les conflits, dont la guerre brutale de la Russie contre l’Ukraine, qui a détruit des terres cultivées dans l’un des principaux pays exportateurs de produits agricoles au monde.

Lors du sommet des dirigeants États-Unis-Afrique tenu en décembre 2022, le président Biden a annoncé l’octroi d’une aide d’urgence à la sécurité alimentaire de plus de 2,5 milliards de dollars pour l’Afrique, dans le cadre d’un financement de 2,76 milliards de dollars au titre de la lutte contre l’insécurité alimentaire dans le monde.

Lors de la 27e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP27) qui s’est tenue en Égypte en novembre 2022, Joe Biden a annoncé une enveloppe de plus de 150 millions de dollars pour accélérer l’adaptation et la résilience dans toute l’Afrique. Ce financement, qui s’inscrit dans le cadre du Plan d’urgence du président pour l’adaptation et la résilience (PREPARE), soutient de nombreuses initiatives visant à améliorer la sécurité alimentaire grâce à une agriculture résiliente face au changement climatique.

Lors du lancement de la VACS*, le 1er février, Cary Fowler a fait observer que la recherche scientifique avait négligé certaines cultures nutritives qui pourraient être plus productives en Afrique si elles faisaient l’objet d’investissements ciblés. Le haut responsable a souligné « le besoin urgent de développer des cultures qui soient prêtes à résister aux effets du changement climatique et aux exigences de productivité agricole d’une population croissante ».

Adapter les cultures

Dans le cadre d’un atelier organisé à Rome le 19 mai, la VACS a réuni des agriculteurs ainsi que des experts en nutrition, en agronomie et en climatologie, qui ont sélectionné une soixantaine de cultures candidates, sur la base de divers facteurs, dont la nutrition, le potentiel de reproduction, la qualité marchande, la géographie et le type de sol. La liste finale des cultures qui auront été retenues fera l’objet d’une analyse plus approfondie, notamment d’une modélisation des effets climatiques attendus au cours des 30 prochaines années.

Les États-Unis se sont engagés à verser une première enveloppe de 100 millions de dollars à la VACS, ce qui permettra d’établir la cartographie de sols sains et fertiles, capables de retenir l’eau, de résister à la sécheresse et de produire des cultures plus nutritives. En outre, cet investissement favorisera la sélection de variétés de cultures pouvant mieux résister aux effets du climat, notamment à la hausse des températures, aux conditions météorologiques extrêmes et aux pressions accrues exercées par les nuisibles et les maladies.

S’exprimant lors du sommet du 9 mai, Josefa Sacko, commissaire de l’Union africaine chargée de l’économie rurale et de l’agriculture, a mis l’accent sur « la grande importance [de la VACS] pour l’Afrique dans le cadre de ses efforts d’adaptation au climat ». Elle a appelé les institutions du continent à jouer un rôle majeur dans les travaux de recherche.

« Nous devons nourrir notre population. Nous devons nourrir l’Afrique, a-t-elle insisté. Il est donc très important que nous trouvions des cultures adaptées afin de pouvoir continuer sur notre lancée. »