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Retour sur des Débats Marquants des Présidentielles Américaines
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octobre 20, 2020

Democratic Presidential nominee Governor Bill Clinton (L) Independent candidate Ross Perot (C) and President George Bush laugh at the conclusion of their Presidential debate in East Lansing, Michigan, U.S., October 19th, 1992. REUTERS/Mark Cardwell/File Photo – S1BEUCTACFAB

 

Peinture représentant le débat d’Abraham Lincoln avec Stephen Douglas, le 18 septembre 1858 (© Fotosearch/Getty Images)
Peinture représentant le débat d’Abraham Lincoln avec Stephen Douglas, le 18 septembre 1858 (© Fotosearch/Getty Images)

Au-delà de la pandémie, les débats d’aujourd’hui diffèrent à bien des niveaux du débat entre Lincoln et Douglas. Par exemple, au lieu de s’exprimer pendant une heure (au moins) à tour de rôle lors d’une séance de trois heures en tout, les candidats actuels répondent chacun leur tour à des questions posées par des journalistes. Leur face-à-face dure 90 minutes et il est retransmis en direct à la télévision. En outre, le public n’a pas à attendre de recevoir par télégraphe la transcription de leur discussion ; des dizaines de millions de personnes la suivent en direct, et les réseaux sociaux et la presse relaient non seulement les propos des candidats mais aussi les réactions des spectateurs pendant et après chaque face-à-face.

Si, en général, seulement deux candidats, un républicain et un démocrate, sont invités à débattre devant le pays, les candidats des partis tiers/indépendants n’en figureront pas moins sur les bulletins de vote.

La Ligue des électrices*, une association indépendante, a longtemps été chargée d’organiser les rencontres. Mais en 1988, les dirigeants des partis ont pris les rênes de la gestion des débats. Depuis, seuls les candidats qui bénéficient d’un soutien notable dans les sondages sont autorisés à débattre. Dans la pratique, cela signifie que deux candidats seulement montent sur le podium chaque automne, encore qu’en 1992 le candidat indépendant Ross Perot ait été lui aussi invité à s’exprimer.

Quelle influence sur les électeurs ?

Il est difficile de déterminer l’influence exacte des débats sur les électeurs, mais il est certain qu’« ils sont importants », affirme Kathleen Hall Jamieson, directrice de l’Annenberg Public Policy Center à l’Université de Pennsylvanie. « C’est l’unique occasion de comparer les candidats [des principaux partis] dans un même lieu et quand ils répondent aux mêmes questions. Cela donne une idée de leur tempérament et de leur capacité à s’adapter à l’imprévu. »

De plus, les débats permettent aux spectateurs de s’informer sur les sujets importants et de savoir ce qu’en pensent les candidats, ajoute Bill Benoit, professeur de communication à l’Université de l’Alabama à Birmingham.

Denver voter Teresa Natale, holding her baby and with her 6-year-old son, watches a 2004 presidential debate. (© David Zalubowski/AP Images)
Teresa Natale, une électrice de Denver, suit un débat présidentiel à la télé en compagnie de son fils de 6 ans et de son bébé, en 2004. (© David Zalubowski/AP Images)

“Debates have changed the vote choice for some voters but more commonly they reinforce existing attitudes,” Benoit says. “The debate doesn’t win or lose a campaign by itself, but it certainly strengthens or weakens a campaign.”

Another far cry from Lincoln’s day is the recent habit of watching a debate while also following other people’s views of it on social media, which can interfere with actually hearing what the candidates are saying, Benoit says.

This year, because of COVID-19, the debates may be held without a live audience. That would be an improvement, Jamieson says, since voters will have to form their opinions without the bias of crowd applause.

U.S. debates are different from those in other democracies because the political system is more keyed to the individual candidate than to a party platform, says Stella M. Rouse, associate professor of government and politics at the University of Maryland.

“Debate in this country is a very individualistic thing,” she says.

Debate zingers and faux pas often dominate the news afterward. But sometimes the reactions gloss over the truth. Lloyd Bentsen landed a blow against the 40-year-old Dan Quayle in the 1988 vice presidential debate when Quayle said he had as much experience in Congress as John F. Kennedy had had before becoming president.

“I served with Jack Kennedy. I knew Jack Kennedy. Jack Kennedy was a friend of mine. Senator, you’re no Jack Kennedy,” Bentsen countered. But Jamieson says the truth — that Quayle spoke accurately about his years of experience — was lost in the shuffle.

Candidates Bentsen, left, and Quayle shake hands after their vice presidential debate in Omaha, Nebraska, in 1988. (© Ron Edmonds/AP Images)
Les candidats Llyod Bentsen, à gauche, et Dan Quayle se serrent la main après leur débat vice-présidentiel à Omaha, dans le Nebraska, en 1988. (© Ron Edmonds/AP Images)
« Les débats font changer d’avis certains électeurs, mais le plus souvent, ils renforcent leurs positions, note M. Benoit. Le débat de fait pas gagner ou perdre une campagne à lui seul, mais il est certain qu’il consolide ou affaiblit une campagne. »

Une autre grosse différence avec les débats de l’époque de Lincoln, c’est le fait qu’aujourd’hui, les spectateurs sont en mesure non seulement de suivre le débat à la télé, mais aussi de guetter les réactions des autres spectateurs sur les réseaux sociaux, ce qui peut les empêcher de bien comprendre le point de vue des candidats, explique M. Benoit.

À cause de la COVID-19, les débats n’incluront peut-être pas de spectateurs sur place, cette année. Cela améliorera les choses, selon Mme Jamieson, parce que les électeurs devront se faire un avis sans être influencés par les applaudissements du public.

Les débats américains contrastent avec ceux d’autres démocraties en raison du système politique aux États-Unis, plus axé sur le candidat lui-même que sur le programme du parti, souligne Stella M. Rouse, professeure associée de science du gouvernement et de la politique à l’Université du Maryland.

« Les débats dans ce pays sont une affaire très individualiste », dit-elle.

Les révélations surprenantes et les faux pas dominent souvent l’actualité après coup. Et il arrive que les réactions éclipsent la vérité. Par exemple, lors du débat vice-présidentiel de 1988 entre Lloyd Bentsen et Dan Quayle, Bentsen a marqué un point contre son adversaire quand celui-ci a signalé qu’il avait autant d’expérience au Congrès que John F. Kennedy avant sa présidence.

« J’ai travaillé avec Jack Kennedy. Je connaissais Jack Kennedy. Jack Kennedy était un ami. Sénateur, vous n’avez rien d’un Jack Kennedy », a rétorqué Bentsen. Comme le fait remarquer Mme. Jamieson, même si Quayle avait bien les années d’expérience qu’il affirmait, la vérité a été couverte par le reste de la conversation.